À quelques semaines de l’installation officielle du Sénat béninois, Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle et futur membre de la chambre haute du Parlement, a livré les grandes lignes de sa vision pour cette nouvelle institution.
Invité sur ESAE TV le vendredi 10 juillet 2026, l’ancien président de la Haute juridiction constitutionnelle est revenu sur les attentes placées dans le Sénat, créé à la faveur de la révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025.
Les membres de cette nouvelle chambre parlementaire ont été désignés lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026. Théodore Holo y siège en qualité de membre de droit, aux côtés d’autres anciens chefs d’État et personnalités prévues par les nouvelles dispositions constitutionnelles, notamment Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon. Des personnalités choisies par le président Romuald Wadagni et par l’Assemblée nationale complètent également la composition de l’institution.
L’installation officielle du Sénat est prévue le 30 juillet 2026 à Porto-Novo, dans les locaux de l’Assemblée nationale, en attendant l’aménagement de son siège définitif.
Une institution au service de la stabilité
Interrogé sur le rôle que devra jouer le Sénat, Théodore Holo a rappelé l’importance des grandes réformes institutionnelles dans l’histoire politique du Bénin. Il a notamment évoqué son expérience de la Conférence nationale de 1990, don’t il fut l’un des acteurs majeurs.
« Quand je suis allé à la Conférence nationale, il y avait des partis politiques qui ont pensé que cela ne servirait à rien. Nous avons vu les résultats que cela a donnés », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant que la création du Sénat suscite des débats, l’ancien président de la Cour constitutionnelle estime que cette institution comporte des aspects positifs. « Il y a des choses positives dans les dispositions du Sénat, et tout ne peut pas être rose », a-t-il indiqué.
Pour son futur mandat, Théodore Holo entend inscrire son action dans une logique de préservation de la paix sociale, de l’unité nationale et de la stabilité politique.
« J’irai et je travaillerai en tenant compte de ma vision des choses, et j’espère que cela contribuera à préserver (comme c’est la mission du Sénat) la paix, l’unité sociale, la stabilité politique, l’unité du pays, le développement », a-t-il expliqué.
Sur les éventuelles divergences qui pourraient apparaître au sein de la nouvelle chambre, Théodore Holo a insisté sur la nécessité de préserver l’intérêt général.
« Que nous soyons divergents sur des questions, nous n’avons qu’une seule priorité, nous n’avons qu’une seule patrie, nous n’allons pas la détruire », a-t-il affirmé.
L’ancien magistrat a également souligné son ouverture aux évolutions de la société et des institutions. « Le monde évolue, et moi aussi je dois pouvoir évoluer et apporter ma contribution à l’approfondissement de la démocratie », a-t-il ajouté.
Avec ces premières déclarations, Théodore Holo affiche une approche fondée sur le dialogue, la stabilité et la consolidation démocratique, alors que le Bénin s’apprête à inaugurer une nouvelle étape de son architecture institutionnelle avec l’entrée en fonction de son premier Sénat.