La France autorise l’arrivée d’un traitement préventif du VIH injectable et longue durée d’action. Un arrêté publié au Journal officiel acte sa prise en charge intégrale par l’Assurance maladie, en raison de son caractère jugé irremplaçable et particulièrement coûteux.
Ce médicament repose sur le cabotégravir, commercialisé sous le nom Apretude par ViiV Healthcare, filiale du groupe britannique GSK.
La prophylaxie pré exposition, plus connue sous le nom de PrEP, est déjà disponible en France sous forme de comprimés. Mais cette formule impose une prise régulière, ce qui peut entraîner des difficultés d’observance.
Avec le cabotégravir injectable, l’administration se fait tous les deux mois. Ce rythme réduit la contrainte quotidienne et pourrait limiter les abandons de traitement.
L’ONUSIDA évoquait dès 2020 une innovation susceptible de changer la dynamique mondiale de prévention du VIH.
L’association Aides parle d’une avancée majeure dans la lutte contre le VIH sida.
Selon l’organisation, cette nouvelle option permettra aux personnes pour qui la PrEP orale était difficile à suivre d’accéder à un outil de prévention plus adapté à leur quotidien.
La Haute Autorité de santé avait validé l’intérêt du traitement à l’été 2024, tout en estimant que l’amélioration du service médical rendu restait modérée. Les discussions tarifaires ont ensuite retardé sa mise sur le marché. Officiellement, une dose dépasse 1 000 euros, même si le montant exact remboursé reste confidentiel.
L’accès à la PrEP injectable nécessite un test de charge virale du VIH. Ce test n’est pas intégralement remboursé, ce qui peut générer un reste à charge.
Par ailleurs, toutes les personnes exposées au VIH ne sont pas éligibles. La Haute Autorité de santé ne recommande pas ce traitement aux femmes en âge d’avoir un enfant, en raison d’un risque potentiel pour le fœtus.
L’arrivée de la PrEP injectable marque une étape importante dans la diversification des outils de prévention en France. En combinant dépistage, traitements préventifs et suivi médical, les autorités sanitaires cherchent à réduire durablement le nombre de nouvelles infections.