Le Zimbabwe ferme la porte aux exportations de minerais non transformés. Depuis le 25 février 2026, le gouvernement interdit la sortie du territoire de tous les minerais bruts, y compris le lithium, ressource stratégique pour la transition énergétique mondiale.
La décision vise à contraindre les compagnies minières à transformer localement leurs productions au lieu d’exporter des concentrés à faible valeur ajoutée.
Le ministre des Mines, Polite Kambamura, justifie cette mesure au nom de l’intérêt national.
L’objectif est de créer davantage de valeur sur le sol zimbabwéen, d’ améliorer les conditions d’exportation et d’augmenter les retombées économiques.
Selon la Banque mondiale, le secteur minier représente 14,3% du produit intérieur brut du pays, ce qui en fait le deuxième pilier économique.
Premier exportateur africain de lithium, le Zimbabwe dispose de ressources estimées à 126 millions de tonnes. Ce minerai est indispensable à la fabrication des batteries électriques, un marché dominé par la rivalité entre la Chine et les États-Unis.
Actuellement, les entreprises chinoises occupent une place dominante dans l’exploitation des gisements zimbabwéens et expédient le lithium vers leurs propres raffineries. Des milliards de dollars ont déjà été investis.
Désormais, Harare exige la construction d’unités de raffinage sur son territoire. L’interdiction d’exportation ne sera levée que si les compagnies minières se conforment à cette nouvelle orientation industrielle.
Deux entreprises seraient déjà engagées dans des projets d’usines locales. Pour les autres opérateurs, le message est sans ambiguïté : l’exportation de minéraux bruts n’est plus tolérée.
Au-delà du lithium, le Zimbabwe détient aussi d’importantes réserves de métaux du groupe platine, de cuivre et de nickel. Cette nouvelle politique marque un repositionnement stratégique vers une industrialisation accrue et une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur.