Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, a été tué tôt mardi 24 février aux abords de Rubaya, dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.
L’information a été confirmée à RFI par un responsable de la rébellion, soutenue par Kigali. Plusieurs autres membres du mouvement auraient également été touchés. Le bilan précis reste à établir.
Selon des sources locales, le convoi dans lequel circulait Willy Ngoma aurait été ciblé par une frappe de drone près de Rubaya, localité stratégique du territoire de Masisi.
Depuis le 23 février, des attaques par drones sont signalées dans cette zone, considérée comme l’un des axes majeurs de confrontation évoqués récemment par l’AFC/M23. Rubaya est notamment connue pour abriter d’importants gisements de coltan, ressource minière stratégique.
Le mouvement rebelle accuse les Forces armées de la République démocratique du Congo d’avoir intensifié les offensives dans le Nord et le Sud-Kivu ces dix derniers jours.
Figure centrale de la rébellion, Willy Ngoma avait été sanctionné en décembre 2023 par les États-Unis. Selon Washington, il était visé pour son rôle présumé dans des violations graves des droits humains, notamment des meurtres et des violences commises contre des civils, en particulier lors des événements de novembre 2022 à Kishishe, dans le Nord-Kivu.
Il avait également fait l’objet de sanctions en 2022 de la part du Conseil de l’Union européenne, qui l’accusait, en raison de ses fonctions dirigeantes au sein du mouvement soutenu par Kigali, de contribuer à l’instabilité et à l’insécurité en RDC.
La mort de Willy Ngoma intervient dans un contexte de recrudescence des tensions dans l’est de la RDC, marqué par des affrontements persistants et une militarisation accrue des zones minières stratégiques.
Reste à savoir si cette disparition aura un impact sur la structuration interne de l’AFC/M23 et sur l’évolution des combats dans la région.