À l’occasion de la fête de la jeunesse, le mardi 10 février, le président camerounais Paul Biya a annoncé un léger réajustement du calendrier des élections législatives et municipales. La convocation du corps électoral était pourtant attendue ce mois de février.
Ces scrutins, initialement prévus l’an dernier, avaient déjà été reportés une première fois avec une reprogrammation annoncée pour début 2026. Cette nouvelle décision prolonge une séquence institutionnelle particulière au Cameroun, marquée par des ajustements successifs du calendrier électoral.
Sur la scène politique, ce report n’a pas véritablement surpris. Certains acteurs estiment qu’une convocation immédiate du corps électoral aurait écourté le mandat des députés, prorogé en 2025 jusqu’au 31 mars 2026. La prochaine session parlementaire, elle, est prévue pour le 10 mars.
Pour Cabral Libii, président du PCRN et député à l’Assemblée nationale, ce choix soulève des interrogations. Il juge étonnant qu’aucune élection ne soit organisée trois mois après la présidentielle, sauf si des réformes majeures, notamment constitutionnelles ou relatives au code électoral, sont en préparation afin de répondre aux contestations post électorales.
Du côté du RDPC, parti au pouvoir, la décision est accueillie favorablement. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint, souligne que ce report s’inscrit dans le respect des lois en vigueur. Il rappelle que certains acteurs politiques plaidaient déjà pour un décalage, alors que d’autres évoquaient un possible boycott.
Abonnez-vous à notre chaîne whatsapp en un CLIC
Le chef de l’État a justifié cette décision par des contraintes qualifiées d’impérieuses, sans en préciser la nature. Hiram Iyodi, plus jeune candidat à la dernière présidentielle, s’interroge pour sa part sur la capacité financière de l’État à organiser ces échéances.
Au sein du MRC, formation de Maurice Kamto qui avait annoncé son retour dans le jeu électoral après le boycott de 2020, aucune réaction officielle n’a encore été formulée. Certains cadres indiquent attendre un acte formel avant toute prise de position.