Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a rappelé, mercredi, les principales mesures de prévention et de prise en charge du VIH/Sida à la suite de l’arrestation de douze individus pour transmission volontaire du virus, dans un contexte marqué par des révélations judiciaires graves.
Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère précise que le VIH se transmet principalement par voie sexuelle, sanguine et de la mère à l’enfant. Il insiste sur l’importance du dépistage gratuit et confidentiel, de l’accès universel aux traitements antirétroviraux et de l’utilisation des moyens de prévention. Selon les autorités sanitaires, près de 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 92 % suivent un traitement efficace, réduisant la charge virale à un niveau indétectable, ce qui empêche toute transmission à leurs partenaires et à leurs enfants.
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Ce rappel intervient après l’interpellation, entre le 4 et le 6 février à Keur Massar et Diamniadio, de douze personnes soupçonnées de transmission volontaire du VIH et de mise en danger d’autrui. D’après la Brigade de recherches, huit des personnes arrêtées sont séropositives, deux sont en attente de confirmation et quatre séronégatives. Les suspects devraient être présentés au parquet pour répondre des faits qui leur sont reprochés, conformément à la législation en vigueur.
La loi sénégalaise prévoit, en son article 36 relatif à la prévention et au contrôle du VIH/Sida, des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement ainsi que des amendes pouvant aller de 2 à 5 millions de francs CFA en cas de transmission volontaire du virus par une personne ayant connaissance de son statut sérologique. En 2023, le Conseil national de lutte contre le Sida recensait environ 41 880 personnes vivant avec le VIH au Sénégal, dont 22 691 femmes et 3 443 enfants de moins de 15 ans.
Par ailleurs, une affaire distincte à caractère criminel fait l’objet d’une procédure judiciaire en cours, impliquant un réseau soupçonné d’exploitation de mineurs. Plusieurs mandats de dépôt ont été délivrés et l’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités.
Le Ministère de la Santé souligne que toutes les mesures nécessaires à la protection de la santé publique sont déployées en collaboration avec les acteurs sanitaires, communautaires et institutionnels. Il appelle à la responsabilité collective et à la solidarité, tout en mettant en garde contre toute forme de stigmatisation susceptible de compromettre l’accès aux soins, notamment pour les enfants et adolescents vivant avec le VIH.