Les autorités sénégalaises ont ordonné, mardi 10 février 2026, la fermeture du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar jusqu’à nouvel ordre, à la suite du décès d’un étudiant survenu la veille après de violents heurts entre forces de sécurité et étudiants.
Le gouvernement a confirmé la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, décédé lundi 9 février 2026 dans un contexte de tensions sur le campus. Les étudiants manifestaient une nouvelle fois contre les retards persistants dans le paiement des bourses, dans un climat économique particulièrement difficile au Sénégal.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) justifie la fermeture du campus par des « raisons de sécurité » et demande aux étudiants de retirer leurs effets personnels des chambres. L’institution annonce également la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique, tout en présentant ses condoléances à la famille du défunt et à la communauté estudiantine.
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De son côté, l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie affirme que le décès d’Abdoulaye Ba serait survenu « à la suite de tortures policières ». Selon l’association, l’étudiant, inscrit en deuxième année de chirurgie dentaire, se trouvait dans sa chambre au moment des faits et ne participait pas aux manifestations.
L’Amicale accuse les forces de l’ordre d’avoir fait irruption dans le campus, d’avoir violenté le jeune homme dans sa chambre, avant de le relâcher grièvement blessé. Elle affirme que l’étudiant est décédé après son évacuation vers le service médical du COUD, alors qu’il aurait perdu beaucoup de sang. Ces accusations n’ont pas encore pu être confirmées par des sources indépendantes.
Pour l’heure, le gouvernement sénégalais n’a pas communiqué sur les circonstances exactes du décès ni évoqué officiellement l’intervention des forces de sécurité sur le campus.
Depuis plusieurs années, les universités sénégalaises sont régulièrement secouées par des mouvements de protestation liés aux arriérés de bourses, une situation aggravée par les difficultés économiques qui touchent particulièrement la jeunesse.