Un homme de 79 ans est poursuivi pour des viols et agressions sexuelles aggravés sur 89 mineurs, des faits commis sur une période de près de 55 ans, a annoncé ce mardi 9 février 2026 le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux.
Mis en examen et écroué une première fois en février 2024, le septuagénaire avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire strict, qu’il n’a pas respecté. Il a donc été de nouveau placé en détention provisoire depuis avril 2025, a précisé le parquet lors d’un point presse.
Selon les éléments de l’enquête, le nombre de victimes a été établi à partir de documents personnels rédigés par le suspect et conservés sur une clé USB. Dans ces écrits, il évoque des faits commis sur des mineurs âgés de 13 à 17 ans, entre 1967 et 2022.
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Les agressions auraient eu lieu dans de nombreux pays, notamment en Allemagne, Suisse, Maroc, Niger, Algérie, Philippines, Inde, Colombie ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie, où l’homme exerçait des activités liées à l’enseignement ou au soutien scolaire. Le procureur indique que l’intéressé profitait de ses fonctions éducatives pour entrer en contact avec des jeunes dans chacun de ces lieux.
La clé USB contenant ces écrits, décrits comme une documentation volumineuse répartie en quinze tomes, a été découverte par un membre de sa famille. Face à l’ampleur des faits, le parquet de Grenoble a lancé un appel à témoins, afin de permettre à d’éventuelles autres victimes de se manifester.
Le procureur a également expliqué que la justice avait choisi de ne pas communiquer plus tôt sur cette affaire afin de vérifier minutieusement la crédibilité et la cohérence des éléments recueillis, compte tenu du caractère exceptionnel du dossier.
Par ailleurs, le septuagénaire a reconnu, au cours de l’enquête, avoir donné volontairement la mort à sa mère et à sa tante, alors qu’elles étaient toutes deux en fin de vie, dans les années 1970 et 1990. Ces faits font l’objet d’une enquête distincte de celle portant sur les violences sexuelles.
Selon le parquet, l’homme reconnaît ces actes et les justifie par sa propre conception de la fin de vie. Les investigations se poursuivent sous l’autorité judiciaire.