À Dakar, plusieurs dizaines de citoyens se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un mutisme préoccupant de l’État dans l’affaire Softcare. En cause, de graves soupçons sanitaires visant le principal distributeur de produits hygiéniques féminins sur le continent africain.
Selon l’Agence sénégalaise de régulation pharmaceutique, l’entreprise aurait détenu plus d’une tonne de matières premières périmées, jugées impropres à la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés. Ces révélations ont provoqué une onde de choc, amplifiée par l’absence de réaction rapide des autorités sanitaires.
Un premier rapport avait pourtant conduit à une demande officielle de retrait des produits du marché pour des raisons de santé publique. Des médecins alertent sur les risques potentiels, évoquant irritations, démangeaisons et infections. Plusieurs utilisatrices affirment avoir ressenti des effets indésirables après usage, des témoignages largement relayés sur les réseaux sociaux.
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La situation s’est complexifiée après un revirement de l’Agence de régulation, affirmant que les matières incriminées n’auraient pas été utilisées. Une position immédiatement contestée par des inspecteurs impliqués dans le contrôle, dont l’un affirme avoir subi des tentatives de corruption. Des accusations formellement rejetées par Softcare, qui assure respecter les normes en vigueur et nie toute irrégularité.
Face à la pression populaire, le gouvernement a annoncé une enquête conjointe et le Parlement a ouvert des auditions. Pour les mouvements citoyens, ces démarches tardent à produire des réponses concrètes. L’affaire dépasse désormais les frontières du Sénégal, ravivant des critiques similaires dans plusieurs pays africains où la marque est distribuée.