Le cancer colorectal n’est plus une maladie réservée aux seniors. Depuis près de vingt ans, les chiffres révèlent une progression régulière chez les moins de 50 ans, avec une hausse annuelle estimée à 2 % à l’échelle mondiale.
En France, l’hôpital Gustave Roussy a observé une augmentation de 13 % des cas chez les patients jeunes en 2022. Au Royaume-Uni, la tendance est encore plus marquée, avec une hausse de 75 % chez les moins de 24 ans depuis les années 1990. Si cette dynamique se maintient, le cancer colorectal pourrait devenir la première cause de décès par cancer chez les jeunes adultes d’ici 2030.
Ce basculement interpelle la communauté médicale. Alors que l’incidence recule chez les plus de 65 ans grâce au dépistage, les jeunes hommes apparaissent désormais comme le groupe le plus exposé, faisant de cette pathologie la tumeur la plus létale pour cette tranche d’âge.
Abonnez-vous à notre chaîne whatsapp en un CLIC
Longtemps, la maladie a été associée au vieillissement. Le dépistage ciblait quasi exclusivement les plus de 50 ans, renforçant l’idée qu’un diagnostic chez un trentenaire relevait de l’exception. Cette croyance a contribué à des retards de prise en charge, les symptômes étant souvent sous-estimés chez les patients jeunes.
Parmi les pistes étudiées, l’alimentation ultra-transformée occupe une place centrale. Une étude publiée dans JAMA Oncology indique que les femmes de moins de 50 ans qui en consomment régulièrement présentent un risque accru de lésions précancéreuses du côlon. Ces produits, désormais omniprésents dans les régimes occidentaux, pourraient favoriser une inflammation chronique, terrain propice au développement tumoral.
Les chercheurs évoquent l’impact des additifs alimentaires et la modification du microbiote intestinal, des facteurs qui pourraient expliquer cette évolution préoccupante. Une certitude s’impose désormais : le cancer colorectal n’a plus d’âge, et la prévention doit s’adapter à cette nouvelle réalité.