Les arrivées de migrants soudanais en Europe connaissent une forte accélération. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, leur nombre a triplé entre janvier et novembre 2025, dans un contexte de guerre prolongée et d’insécurité au Soudan.
Sur plus de 155 000 personnes arrivées en Europe par la Méditerranée l’an dernier, plus de 12 600 étaient soudanaises. La majorité a rejoint la Grèce, suivie de l’Italie, puis de l’Espagne.
Pour l’OIM, le conflit armé reste la cause centrale de ces départs. Presque tous les hommes et une large majorité de femmes interrogés citent la guerre comme principal facteur, tandis que la violence individuelle est également évoquée. Les motivations économiques restent marginales.
Les données révèlent des profils contrastés selon les pays d’arrivée. En Grèce, les femmes représentent près d’un cinquième des arrivées soudanaises. En Italie, la présence d’enfants est marquée, notamment des adolescents âgés de 15 à 17 ans.
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Concernant les projets migratoires, la plupart des Soudanais arrivés en Grèce souhaitent s’y installer. En Italie, beaucoup envisagent une poursuite du parcours vers le Royaume-Uni, la France ou d’autres pays européens. L’OIM note aussi une intensification des déplacements secondaires via les Balkans occidentaux.
Le parcours migratoire reste long et risqué. Plus de la moitié des migrants transitent pendant un an ou plus par des pays comme la Libye ou l’Égypte. Travail forcé, détentions arbitraires et violences physiques sont fréquemment signalés, en particulier en Libye.
Malgré l’augmentation des arrivées en Europe, l’essentiel de la crise se concentre toujours dans la région. Plus de 9,2 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du Soudan et plus de 4,4 millions ont fui vers d’autres pays depuis avril 2023, soulignant l’ampleur du drame humanitaire.