Le député du parti Les Démocrates, Soumaïla Sounon Boké, a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant la juridiction compétente, dans le cadre de la procédure ouverte à la suite de la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre 2025. L’audience, initialement programmée le 30 décembre dernier, avait connu un report. Vêtu d’un ensemble blanc, l’élu s’est présenté à la barre dans un climat jugé serein et a formellement plaidé non coupable des faits mis à sa charge.
Dès l’ouverture des débats, la défense a choisi d’attaquer la procédure sur la forme. Les avocats du parlementaire, Me Mousbayi Aminou Padonou et Me Aboubakar Baparapé, ont soulevé une exception, contestant la qualification de flagrance retenue par le ministère public. Selon eux, le délai écoulé entre l’envoi du message incriminé, « c’est la fête », et l’interpellation du député ne répond pas aux exigences légales du flagrant délit.
Les conseils estiment que cette qualification irrégulière porte atteinte à l’immunité parlementaire de leur client et fragilise l’ensemble de la procédure judiciaire engagée contre lui. Ils soutiennent que l’absence de flagrance aurait dû entraîner le respect des règles spécifiques encadrant la poursuite d’un député en exercice.
La défense a également mis en cause le délai observé avant la présentation de Soumaïla Sounon Boké devant la juridiction compétente. En réponse, la substitut du procureur a justifié ce décalage par le calendrier judiciaire, rappelant que la date du 30 décembre correspondait au premier jour ouvrable suivant la période des fêtes de fin d’année.
Sur le fond du dossier, le député a rejeté toute implication dans les événements du 7 décembre 2025. Concernant le message au cœur de l’accusation, il a affirmé qu’il avait été envoyé par erreur, sans intention de soutenir ou de signaler une action subversive. Une explication que la défense présente comme un élément clé pour démontrer l’absence de lien entre leur client et la tentative de déstabilisation.
L’audience s’est poursuivie dans un climat attentif, sous le regard d’observateurs politiques et judiciaires. Les décisions attendues sur les exceptions soulevées par la défense pourraient peser lourdement sur la suite de cette procédure, dans un contexte politique marqué par une forte sensibilité autour des questions de sécurité nationale et de respect des libertés parlementaires.