L’Agence d’investigation environnementale (EIA) a tiré la sonnette d’alarme le 10 mars 2026 sur une possible crise de santé publique dans le sud-est de la République démocratique du Congo. En cause, la pollution liée à l’exploitation du cobalt, un minerai stratégique pour la fabrication des batteries utilisées dans les voitures électriques et les appareils électroniques.
La RDC fournit plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, ce qui en fait un acteur central dans la chaîne d’approvisionnement de l’industrie des technologies et de la transition énergétique.
Selon le rapport de l’EIA, près de la moitié du cobalt congolais provient des activités du groupe chinois CMOC Group Limited. L’entreprise exploite notamment deux des plus importantes mines de cuivre-cobalt du pays : Mine de Tenke Fungurume et Mine de Kisanfu, situées dans la province de Lualaba.
Pour répondre à la demande mondiale, l’entreprise a mis en service une gigantesque unité industrielle appelée « usine 30k », capable de traiter environ 30 000 tonnes de minerai par jour à proximité de la ville minière de Fungurume.
D’après l’enquête de l’ONG menée sur plus de trois ans, les populations vivant près des installations minières signalent depuis 2023 de nombreux troubles de santé. Parmi les symptômes évoqués figurent des saignements de nez, des toux accompagnées de sang et des complications pendant la maternité.
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L’EIA affirme que ces problèmes pourraient être liés à une pollution de l’air persistante autour du site industriel.
Des mesures indépendantes auraient détecté des niveaux très élevés de dioxyde de soufre (SO₂), un gaz toxique généré lors du traitement du minerai de cuivre.
Face à ces accusations, CMOC Group Limited, à travers sa filiale Tenke Fungurume Mining (TFM), a contesté toute responsabilité. L’entreprise affirme qu’aucune preuve ne démontre un lien entre ses activités et les problèmes de santé signalés par les habitants.
L’ONG appelle de son côté à des enquêtes indépendantes et à des mesures urgentes pour protéger les populations vivant autour des sites miniers.