Les propos de Yabré Juliette Kongo continuent d’alimenter le débat au Burkina Faso. Invitée sur Savane TV, la promotrice du Musée de la femme de Kolgondiessé a défendu la polygamie, estimant qu’elle pourrait constituer une réponse à certaines réalités sociales.
Au cours de l’émission, la promotrice culturelle a affirmé qu’il serait préférable, selon elle, que les hommes épousent plusieurs femmes plutôt que de voir certaines jeunes filles se retrouver dans la prostitution. « Il est préférable que les hommes épousent huit femmes que de laisser nos filles traîner dans les rues la nuit pour se prostituer », a-t-elle déclaré, assumant pleinement sa position.
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Yabré Juliette Kongo explique qu’elle préférerait être coépouse dans un foyer que vivre seule et exposée à diverses formes d’abus. Pour elle, cette vision s’inscrit dans une conception traditionnelle de la famille africaine, où la solidarité et la responsabilité collective priment.
Interrogée sur les tensions qui peuvent exister entre coépouses, elle estime que ces situations ne sont pas propres à la polygamie. Elle compare ces rivalités aux relations au sein d’une fratrie, où certains enfants peuvent parfois être plus proches de leurs parents que d’autres.
La promotrice du Musée de la femme de Kolgondiessé appelle également à un retour à certaines valeurs africaines qu’elle juge progressivement abandonnées. Elle cite notamment des exemples dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal ou le Mali, où la polygamie reste largement acceptée dans certaines communautés.
Selon elle, les tensions liées au partage des biens et aux questions d’héritage seraient en partie liées à l’influence de modèles occidentaux et à la montée du matérialisme dans les sociétés africaines.
Enfin, Yabré Juliette Kongo évoque aussi un déséquilibre démographique entre hommes et femmes. Dans ce contexte, elle estime que l’acceptation de la polygamie pourrait, selon son analyse, contribuer à réduire certaines difficultés sociales.
Ces déclarations ont rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et relancent le débat sur la place de la polygamie dans les sociétés africaines, entre traditions culturelles, transformations sociales et aspirations des nouvelles générations.
Au Burkina-Faso, la polygamie reste légale et encadrée par le Code des personnes et de la famille. Lors du mariage, les époux doivent choisir clairement entre le régime monogamique ou polygamique, une option qui ne peut plus être modifiée par la suite.