Un rapport publié le 25 février 2026 par le Ministère de la Santé recommande une refonte profonde de l’intervention précoce en santé mentale chez les jeunes.
Commandé par le ministère, le document est signé par les psychiatres Rachel Bocher et Marie-Odile Krebs, ainsi que par Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale de l’Alliance de la Santé Mentale.
Le constat fait est que les troubles psychiques constituent la première cause de morbidité et de handicap chez les jeunes de 15-25 ans.
Selon les autrices, entre 63 % et 75 % des troubles psychiatriques apparaissent avant 25 ans. En l’absence d’intervention, environ un tiers des jeunes présentant des symptômes psychotiques atténués évoluerait vers un trouble psychotique caractérisé.
Or, en France, les délais d’accès aux soins spécialisés peuvent atteindre :
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2 à 5 ans pour les troubles psychotiques débutants (contre 3 mois recommandés)
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Jusqu’à 10 ans pour les troubles bipolaires
Les expertes dénoncent un système fragmenté, marqué par un « mille-feuille institutionnel », des ruptures entre pédopsychiatrie et psychiatrie adulte, une absence de pilotage national et de fortes inégalités territoriales.
S’inspirant de modèles développés depuis trois décennies en Australie, au Royaume-Uni et au Canada, le rapport plaide pour la généralisation de programmes de détection et d’intervention précoce (DIP).
Ces dispositifs ont démontré leur efficacité à réduire les hospitalisations, les rechutes et les coûts de soins.
Parmi les mesures phares proposées :
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La création d’un centre national ressource pour harmoniser les pratiques
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Un maillage territorial couvrant des bassins de 200 000 à 300 000 habitants
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Des centres régionaux spécialisés pour les situations complexes
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Une formation renforcée de tous les professionnels en contact avec les jeunes
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Le déploiement d’outils numériques de dépistage et de téléconsultation
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Un financement pluriannuel dédié
Au-delà du diagnostic rapide, les autrices défendent un changement structurel du parcours de soins, associant davantage les jeunes et leurs familles à la conception des dispositifs.
« L’intervention précoce n’est pas simplement un diagnostic plus rapide, c’est une transformation en profondeur des pratiques », soulignent-elles.
Cette réforme ambitionne de réduire durablement l’impact des troubles psychiques chez les jeunes et de renforcer la cohérence du système de santé mentale en France.