L’intelligence artificielle s’impose comme un appui crédible dans le dépistage du cancer du sein. Selon une vaste étude publiée dans The Lancet, son utilisation dans la lecture des mammographies permettrait de détecter davantage de cancers, tout en allégeant le travail des radiologues.
Menée en Suède sur près de 106 000 mammographies réalisées entre 2021 et 2022, l’étude a comparé deux méthodes. D’un côté, une double lecture humaine classique. De l’autre, une lecture assurée par un radiologue assisté par une intelligence artificielle. Les participantes avaient un âge médian de 53 ans.
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Résultat majeur : le dépistage assisté par l’IA a permis d’identifier 81 % des cancers, contre 74 % sans recours à l’outil numérique, sans hausse des faux positifs. Autre point notable, les femmes suivies avec l’aide de l’IA ont présenté, dans les deux années suivantes, moins de cancers agressifs ou à un stade avancé, avec une baisse estimée à 12 %.
Les chercheurs soulignent que ces performances sont observées quels que soient l’âge ou la densité mammaire des patientes, un facteur pourtant connu pour compliquer la détection.
Si les auteurs estiment que l’IA peut améliorer durablement l’efficacité du dépistage et réduire la charge de lecture, des réserves persistent. En France, des radiologues rappellent que l’outil reste coûteux et que l’expertise humaine demeure indispensable pour éviter les surdiagnostics. L’IA peut en effet confondre certaines anomalies bénignes avec des lésions cancéreuses.
Des experts indépendants jugent néanmoins l’étude solide, tout en appelant à un suivi à long terme pour vérifier si cette amélioration du dépistage se traduit réellement par une baisse durable des cancers développés.
Dans un contexte réglementaire plus strict, l’Union européenne a classé les dispositifs médicaux intégrant l’IA parmi les technologies à haut risque. À partir de 2026, leur usage sera soumis à des exigences renforcées de sécurité et de performance.