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Césarienne fatale au CHUD de l’Ouémé : un mari accuse l’hôpital, une enquête ouverte.

La mort d’une jeune femme après un accouchement par césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé relance le débat sur la prise en charge des urgences obstétricales au Bénin. Dans un long témoignage publié sur les réseaux sociaux, le mari de la défunte dénonce ce qu’il considère comme de graves manquements médicaux. Saisie par le media Banouto, la direction de l’hôpital annonce l’ouverture d’une enquête.

Le message, devenu viral le dimanche 25 janvier, retrace les événements survenus entre le 17 et le 18 décembre 2025. Selon le conjoint, la grossesse de son épouse, entamée début 2025, était régulièrement suivie au CHUD de l’Ouémé, hôpital de référence dans la région. La patiente avait déjà accouché par césarienne lors d’une précédente grossesse, ce qui avait conduit les médecins à programmer une nouvelle intervention chirurgicale après les consultations prénatales.

D’après son récit, une consultation pré anesthésique avait permis de fixer la date de la césarienne au 18 décembre. Mais le 17 décembre au matin, l’apparition de contractions pousse le couple à se rendre à l’hôpital. La décision d’opérer aurait été confirmée dans la matinée. L’intervention ne serait cependant intervenue qu’en fin d’après midi, après plusieurs heures d’attente.

L’enfant est née vivante. Elle aurait été placée sous oxygène avant d’être admise à la crèche néonatale, où son état se serait stabilisé, selon le témoignage.

Une hémorragie post opératoire et une prise en charge contestée

Le drame se serait noué après l’intervention. Le mari affirme que son épouse aurait présenté un saignement abondant en début de soirée, sans réaction immédiate de l’équipe médicale. Toujours selon lui, l’état de la patiente se serait progressivement détérioré.

Plusieurs heures plus tard, elle aurait été reconduite au bloc opératoire pour une seconde intervention. Des médicaments et des produits sanguins auraient été prescrits et fournis par la famille. La patiente aurait ensuite été transférée en réanimation au petit matin.

Le conjoint déplore un manque d’informations pendant de longues heures. Ce n’est que dans l’après midi du 18 décembre que le décès lui aurait été officiellement annoncé. Il affirme avoir découvert par la suite, à la lecture de l’acte de décès, que l’heure réelle du décès serait antérieure à celle qui lui avait été communiquée.

Dans sa publication, le mari met directement en cause la gestion de l’hémorragie post partum et affirme ne pas avoir été consulté avant certaines décisions médicales majeures. Il évoque également le décès récent d’une autre patiente ayant subi une intervention similaire dans le même établissement, sans apporter d’éléments permettant de vérifier cette affirmation.

Réaction du CHUD de l’Ouémé : des investigations en cours

Contactée par Banouto, la direction du CHUD de l’Ouémé indique ne pas avoir été officiellement saisie par une plainte avant la diffusion du témoignage sur les réseaux sociaux.

« Nous n’avons pas été saisis officiellement de ce dossier. Nous l’avons découvert comme tout le monde sur les réseaux sociaux », explique la direction.

Toutefois, l’hôpital affirme ne pas rester passif face à la gravité des accusations. Une enquête interne a été ouverte afin d’établir les faits et de situer les responsabilités éventuelles.

« Nous sommes actuellement en phase d’investigations. Dès que nous disposerons d’informations fiables, elles seront transmises à notre hiérarchie », précise la direction.

Pour l’heure, aucun professionnel de santé mis en cause n’a fait de déclaration publique. La direction de l’établissement appelle la population au calme et à la patience, le temps que les investigations aboutissent.

« Il faut d’abord terminer les investigations pour établir les liens de causalité. Nous sommes encore au début du processus », insiste la source hospitalière.

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