À quelques mois de la fin de son second mandat, le président Patrice Talon resserre les rangs. Au pouvoir depuis 2016, le chef de l’État béninois quittera officiellement la tête du pays le quatrième dimanche de mai 2026, à l’issue de la transition constitutionnelle qui suivra l’élection présidentielle du 12 avril prochain. Son successeur sera désigné entre le duo de la mouvance, Romuald Wadagni–Mariam Chabi Talata, et celui de l’opposition modérée, Paul Hounkpè–Judicaël Hounwanou.
Pour son premier Conseil des ministres de l’année 2026, Patrice Talon est apparu déterminé et combatif, selon le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji. Devant la presse ce mercredi 21 janvier, ce dernier a décrit un président « au moral haut », conscient des enjeux politiques et institutionnels de cette dernière phase de gouvernance.
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« C’est un président de la République de combat que nous avons retrouvé à l’occasion de ce premier Conseil des ministres de l’année 2026. Il a présenté ses vœux à l’ensemble de l’équipe gouvernementale et a exhorté chacun à une mobilisation encore plus forte sur la toute dernière ligne droite », a rapporté Wilfried Houngbédji, précisant que le message avait été transmis par le ministre d’État, coordonnateur de l’action gouvernementale.
Malgré une configuration politique largement favorable à la mouvance présidentielle, Patrice Talon insiste sur la vigilance. L’élection présidentielle se déroulera en l’absence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, recalé pour défaut de parrainage. Un contexte qui, selon le chef de l’État, ne doit en aucun cas conduire à un relâchement.
« Au regard de la dynamique créée par les législatives et les communales, dont les chiffres officiels sont connus, nous n’avons pas de doute. Mais il n’est pas question d’aller dormir sur nos lauriers au risque de se faire dépasser par l’adversaire », a souligné le porte-parole du gouvernement, évoquant les consignes données par le président sortant.
L’exécutif est ainsi invité à rester concentré sur la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (PAG), tout en demeurant attentif aux enjeux politiques liés à la campagne électorale imminente.
Cette posture de confiance maîtrisée intervient dans un contexte institutionnel ou les partis au pouvoir sont en position de force. À l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, la mouvance présidentielle contrôle l’intégralité des sièges à l’Assemblée nationale, avec 60 députés pour l’Union progressiste le Renouveau (UP-R) et 49 pour le Bloc républicain (BR).
Arrivé en troisième position, le parti Les Démocrates de l’ancien président Boni Yayi a recueilli 16,20 % des suffrages au plan national, sans toutefois atteindre le seuil requis de 20 % dans chacune des 24 circonscriptions électorales pour obtenir une représentation parlementaire.
À moins de trois mois de la présidentielle, Patrice Talon semble ainsi déterminé à assurer une fin de règne structurée, en maintenant la cohésion de sa majorité et en préparant le terrain pour une alternance dans la continuité.