La tension est montée d’un cran à Madjrè-centre, arrondissement de la commune de Dogbo, où des populations en colère ont bloqué, hier, les travaux de la route Dogbo–Lalo. Tambours en main, chants hostiles et barricades improvisées ont marqué cette journée de protestation contre ce que les riverains qualifient de « développement incomplet ».
Dès les premières heures de la matinée, des hommes, des femmes et des jeunes ont érigé des obstacles à l’aide de pierres, de bois et d’objets divers, paralysant totalement la circulation sur cet axe stratégique en cours de bitumage. La route, censée désenclaver les communes de Dogbo et de Lalo, s’est retrouvée impraticable pendant plusieurs heures.
Au cœur des revendications : l’absence de caniveaux pour l’évacuation des eaux pluviales et la non-réalisation d’un carrefour structurant à Madjrè-centre. Les habitants redoutent que leur localité ne devienne, une fois les travaux achevés, un point de concentration des eaux de ruissellement, avec des risques accrus d’inondation.
« Une route moderne ne peut traverser une agglomération sans ouvrages d’assainissement », martèlent les manifestants. Pour eux, il est inconcevable que les réalités locales soient ignorées dans un projet d’une telle envergure.
Face au blocage, les éléments du commissariat central de Dogbo sont intervenus pour rétablir la circulation. Après des échanges avec les protestataires, l’axe a été rouvert sans incident majeur, même si la tension demeure palpable.
Pour rappel, les travaux de bitumage de la route Dogbo–Lalo, confiés à l’entreprise Satom, ont été officiellement lancés à la Maison des jeunes de Dogbo. Le projet, prévu pour une durée contractuelle de 18 mois, prévoit une chaussée de 7,20 mètres, des accotements de 2,50 mètres en traversée de ville et une largeur totale de 10,20 mètres en rase campagne. Le calendrier d’exécution avait été communiqué en novembre 2024.